Dégradation des sols : Le Sénégal perd annuellement environ 550 milliards de Fcfa

Malgré les nombreux efforts pour la promotion d’une agriculture durable, le Sénégal est confronté à une dégradation des terres arables qui induit de grosses pertes économiques. Une étude publiée, hier, estime le coût de cette perte à environ 550 milliards de Fcfa.

Le Sénégal connait un inquiétant problème de dégradation des terres. Environ 13% de celles-ci -sur lesquelles vivent 22 % des 13 millions de Sénégalais- sont dégradées.  Le coût annuel de ces dégradations s’élève à environ 944 millions de dollars américain (environ 550 milliards de FCfa), soit 8 % du Pib de 2007. C’est ce que révèle l’étude menée par  l'Institut  international  de recherche  sur les politiques alimentaires  (Ifpri) et le Centre allemand  de recherche  sur le développement  (Zef), en partenariat avec l'Institut  national de pédologique (Inp).

Cette étude  intitulée : «Economie  de la dégradation  des terres (Eld) :  évaluation globale» est menée  dans sept pays pilotes : le Sénégal,  le Bhoutan, l'Inde, le Kenya,  le Niger, l'Argentine et I’Ouzbékistan. Elle a pour objectif d’évaluer  les coûts directs et indirects de la dégradation due aux pratiques d'utilisation  des terres  d’évaluer  les coûts et avantages  réels des mesures prises contre le phénomène et d’informer  les  décideurs  sur l'action politique à entreprendre  vers une économie verte et durable. Selon l’étude, les zones agro-écologiques arides représentent plus de la moitié des coûts de la dégradation et les terres arides et semi-arides, le tiers.

Cette recherche a aussi montré que le plus important facteur de dégradation des terres est le changement d’utilisation et de couverture des sols impliquant le remplacement des biomes de grande valeur par d’autres biomes de valeur moindre. Il est suivi par l’appauvrissement de la fertilité des terres cultivées. Compte tenu de ces résultats, note le document, il existe une justification économique solide pour investir dans la restauration des terres dégradées. Selon l’étude, les utilisateurs des terres obtiennent environ cinq dollars (environ 3.000 FCfa) pour chaque dollar investi (environ 584 FCfa) dans la restauration de ces terres. Elle souligne la nécessité d’augmenter les investissements dans l’accès au marché, aux services de vulgarisation de l’agriculture et à la sécurité foncière. Pourtant, les chercheurs indiquent que le Sénégal possède un fort potentiel pour lutter contre la dégradation des sols. Il dispose d’un nombre important d’agents de vulgarisation agricole provenant des fournisseurs publics et privé en sus de la stabilité politique qui offre un environnement favorable à la lutte contre la dégradation des terres. Les autorités étatiques sont conscientes de la situation. « Nous savons tous que nos terres se dégradent. On parle de 3,8 millions d’hectares de terres arables dégradées. C’est important d’évaluer le coût économique de ces dégradations pour démontrer l’utilité de lutter contre elles »,   a déclaré Fallou Diagne, Conseiller spécial du Premier ministre en Agriculture, ajoutant que les 6,5% de croissance ne doivent être péjorés par une perte de cette importance. « Il faut lutter contre la déforestation. La Fao montre que nous perdons, chaque année, 40.000 hectares de forêt. Nous devons aussi lutter contre les feux de brousse avec les mises en défens. L’utilisation combinée des matières organiques, de l’engrais et la lutte contre la salinisation sont également nécessaires», a poursuivi M. Diagne.

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