Des réalités contrastées au sein des exploitations familiales sénégalaises révélées par une étude du CNCR

4 années après sa première étude sur les apports potentiels et réels des exploitations familiales à l’économie sénégalaise, le CNCR vient de faire paraître les résultats de sa deuxième étude sur le suivi de 112 exploitants familiaux pour la campagne agricole 2015-2016. La restitution de cette étude a eu lieu lors d’un atelier organisé au CNCR les 22 et 23 aout.

 

Les exploitations familiales suivies sont actives dans les filières de la riziculture irriguée, l’horticulture, la production de banane, l’élevage et la foresterie. Ces familles sont localisées dans quatre zones agro-écologiques, à savoir la zone sylvo-pastorale, la vallée du fleuve Sénégal, les Niayes et la sous-zone bananière du Sénégal oriental. En se basant sur une typologie de classification sur le niveau de vulnérabilité/sécurité des exploitations familiales, l'étude à permis de révéler que 32% d’exploitations familiales (EF) sont très vulnérables avec moins de 3 mois d’autonomie par an ; 24% d’EF sont en déficit avec 3 à 6 mois d’autonomie par an ; 21% d’EF sont proches de l’équilibre avec 6 à 12 mois d’autonomie et 23% d’EF sont excédentaires. Il apparait aussi que si le crédit d’investissement est quasi inexistant, le crédit de campagne reste inaccessible pour plus de la moitié des exploitations familiales.

 

Cette étude a aussi montré que  même si l’Etat fait des efforts pour réaliser sa volonté de faire de l’agriculture un levier incontournable, la mise en œuvre de ses programmes peine à atteindre une vitesse de croisière en matière d'installation des jeunes en agriculture. Le Programme domaines agricoles communautaires (PRODAC) qui a exclusivement une approche communautaire se heurte souvent à des réticences des populations à cause des enjeux fonciers. L’approche de l’Agence nationale d’insertion et du développement agricole (ANIDA), plus ancrée sur les dynamiques familiales, se heurte quant à elle à la faible capacité de mobilisation des apports nationaux (privés et publics), misant principalement sur des financements extérieurs.

 

Les organisations paysannes ont elles aussi expérimenté des mécanismes pour l’accompagnement de l’installation des jeunes dans le secteur agricole. Elles ont essayé d’apporter des réponses à travers la formation des jeunes, l’accompagnement de proximité des exploitations familiales et le financement de projets de famille portés par des jeunes hommes et femmes dans les domaines de l’arboriculture, de l’élevage, voir même des activités non agricoles. À titre d’exemple, le CNCR a développé un projet de « Centre incubateur de métiers avicoles pour les femmes et les jeunes au Sénégal » en partenariat avec le CECI, une ONG canadienne, l’École nationale supérieure d’agriculture de Thiès et SEDIMA, une entreprise privée.

 

L’expérience tirée de ces différentes initiatives, souvent moins couteuses que celles du gouvernement, démontre la nécessité de s'appuyer sur les exploitations familiales et de valoriser des approches multi-acteurs bâtie sur la valorisation des complémentarités et des compétences des différentes institutions contribue à générer des impacts plus significatifs et plus durables.

 

·         Faits saillants - Rapport sur le suivi des exploitations familiales 2015-2016 : http://bit.ly/2wiu8OA

·         Rapport du CNCR sur le suivi des exploitations familiales 2015-2016 : http://bit.ly/2vJAlPY

·         Rapport de l'Observatoire régional des exploitations familiales du ROPPA : http://bit.ly/2grxUzt  

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