SEDHIOU - ARRET PRECOCE DES PLUIES A L’ORIGINE DE LA DETERIORATION DES CULTURES : L’URGENCE D’UNE ADAPTATION AUX MODIFICATIONS DES CLIMATS

Les récoltes pourraient être bien en deçà des attentes cette année, comparée à l’année dernière. Et pour cause, les pluies se sont précocement arrêtées. Conséquence, sur le terrain, les spéculations en phase de maturité sont clouées par l’aridité des sols. Ce constat est établi par les techniciens de l’agriculture et les producteurs eux-mêmes, la mort dans l’âme. Les cultures de contre-saison sont conseillées pour compenser le manque à gagner. Comme toute réponse à ce phénomène, une adaptation aux changements climatiques s’avère irréversible pour éviter le péril sur l’alimentation de demain. L’Association de lutte contre la soudure et l’endettement (ALSE) est repartie avant-hier mercredi dans ses sites d’expérimentation, le constat est sans appel.
 
L’Association de lutte contre la soudure et l’endettement (ALSE) part du postulat selon lequel l’essentiel des populations de la région de Sédhiou tirent leurs revenus des activités agricoles pour engager une nouvelle forme d’expérimentation appelée des champs écoles producteurs. L’approche consiste à former les producteurs à même d’agir par la pratique directe sur le terrain. Mamadou Korka Diao, le coordonnateur de l’ALSE a déclaré que «l’objectif de cette visite de terrain c’est de faire partager nos expériences sur nos parcelles de démonstration. Le deuxième objectif est de faire une évaluation à mi-parcours de la campagne agricole 2016/2017. Nous travaillons avec un partenaire financier qui est Action de Carême Suisse qui nous a appuyé dans le cadre de l’accompagnement des producteurs sur l’auto promotion paysanne».
 
Selon lui, la stratégie centrale de cette organisation est la calebasse symbolisant la solidarité. Les champs collectifs, les actions de lutte contre le gaspillage et le commerce équitable avec un accent sur la formation des acteurs ruraux. La mission est certes exaltante, mais la forte dépendance de l’agriculture à l’hivernage rend aléatoire les rendements attendus. C’est exactement le scénario cette saison avec l’arrêt prématuré des pluies. «Le stress hydrique touche l’ensemble de la région de Sédhiou et cela va, sans doute, déteindre sur les rendements. Ce qui précarise les récoltes. Notre mission est de lutter contre la soudure et, si pendant l’hivernage un paysan a faim, il reste entendu qu’il ne sera pas assez productif», a encore fait observer Mamadou Korka Diao, le coordonnateur de l’association ALSE.
 
LES RURAUX SONNENT L’ALERTE !
 
De même, Mouhamed Cissé le président du cadre régional de concertation des ruraux, président du réseau des producteurs de semences et maire de Dianaba ne cache point son inquiétude face à ce stress hydrique «au moment où le riz était en épiaison, il y avait arrêt des pluies. Partout dans la région de Sédhiou, la situation est préoccupante. Même le maïs n’a pas échappé à cet assèchement. C’est une situation catastrophique car les producteurs n’auront pas de quoi manger», dit-il. 
 
Quant à Mamadou Amadou Sow l’adjoint au sous-préfet de Bonna, il reconnait certes le préjudice de cet arrêt précoce des pluies mais il s’empresse de relever que l’Etat s’est employé très tôt cette année à mettre les intrants en place.
 
Avant-hier mercredi, l’équipe technique de l’Association de lutte contre la soudure et l’endettement (ALSE) a procédé à la visite des sites abritant les champs d’expérimentation dans le département de Bounkiling. A cette occasion, son président, Insa Diatta, s’est désolé du constat amer suite à cet arrêt brusque des pluies. Face à l’irréversible arrêt des pluies, l’ultime recours des producteurs déçus est d’engager des cultures de contre-saison pour compenser le manque à gagner. 
 
C’est du moins le sentiment de Hamadou Baldé, le directeur régional du développement rural de Sédhiou (DRDR). «Il faut un programme de contre-saison dans les zones où il y a les retenues d’eau pour permettre de compenser le déficit qui va s’en suivre». Au regard des modifications de plus en plus constatées sur le climat, il urge d’adapter les pratiques culturales à ces changements si l’on veut encore rester dans le peloton de la course vers l’autosuffisance alimentaire à moyen terme.
 
Moussa DRAME - SudOnline - 4 /11/2016
 
 
 

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