Sénégal : le budget de la campagne agricole 2016-2017, 32 milliards CFA et 20 millions US

Le gouvernement sénégalais, vient de boucler le financement de son budget pour la campagne agricole 2016-2017.

Pour l’essentiel, après avoir soldé les comptes de la filière arachidière de la campagne précédente grâce à l’appui financier de l’une des filiales de la BID (banque islamique de développement), deux nouvelles sources de financement viennent d’être mises en place pour faire face aux besoins financiers de la campagne 2016-2017.

Ces deux sources de financement, proviennent du gouvernement lui-même pour 32 milliards de Francs CFA et de la Banque Mondiale, à hauteur de 20 millions de dollars US.

L’ambition affichée par le gouvernement sénégalais, est de consolider le rôle de l’agriculture comme premier moteur de la croissance économique du pays.

Selon le porte-parole du gouvernement, Seydou Guèye, dont les propos ont été rapportés par presse sénégalaise, le Sénégal a gagné le pari de la production et celui de l’autosuffisance est en voie d’être gagné.

Le prochain défi à relever, selon lui, est celui de la commercialisation et de la transformation sur place, afin de consolider le rôle de l’agriculture comme premier moteur de la croissance économique.

L’agriculture sénégalaise, devrait amplifier ses performances et garantir la sécurité alimentaire, a-t-il indiqué à des journalistes, au sortir d’un conseil interministériel sur le bilan de la campagne de commercialisation agricole 2015-2016. "Il s’agit aussi de concilier les intérêts de tous les acteurs de la filière", de doper la productivité en augmentant la consommation d’engrais et en renforçant la fertilité des sols", a dit le ministre Seydou Guèye.

Le pays table pour la prochaine campagne agricole, qui commence en juin 2016, sur 1.400.000 tonnes d’arachide et 1.000.000 de tonnes de mil.

Les prévisions du ministère de l’Agriculture et de l’Ẻquipement Rural, portent sur 886.000 tonnes pour le riz irrigué, pour une superficie 137.000 hectares, et sur la production de 560.000 tonnes de riz fluvial.

Quant au maїs et à l’oignon, les prévisions portent sur 400.000 tonnes de maïs, et 395.000 tonnes d’oignon.

S’agissant du maïs, le Sénégal aurait déjà atteint "l’autosuffisance théorique", en attendant des mesures d’accompagnement visant une autosuffisance effective, a souligné M. Guèye.

Pour complèter ce tableau ambitieux, le gouvernement envisage au cours de la présente campagne agricole, la distribution de 20.000 unités de matériel attelé, en plus de 2.000 tracteurs, pour un coût global de près 82 milliards de francs CFA, a indiqué le porte parole du gouvernement, au sortir du Conseil Interministériel consacré à la campagne agricole 2016-2017.

À quoi serviront les 20 millions de dollars US de la Banque Mondiale ?

Selon Dakaractu, un financement additionnel de 20 millions de dollars a été approuvé par le conseil d’administration de la Banque Mondiale pour soutenir 150.000 petits agriculteurs au Sénégal.

Il s’agit selon la note parvenue de l’institution, d’un financement additionnel à la 2ème phase du PPAAO (WAAPP-2A) qui vise à renforcer la production de semences certifiées et le système de commercialisation dans la filière arachidière. Le projet « vise à accroitre la production, la diffusion et l'adoption de technologies améliorées dans les filières prioritaires du Sénégal.

Ainsi, 850.000 agriculteurs dont 40% de femmes vont désormais être les bénéficiaires directs du PPAAO-Sénégal ».

Le projet permettra de promouvoir davantage la responsabilité de tous les acteurs grâce à une approche participative et la prise de décision proactive en partenariat avec le comité interministériel chargé de la restructuration de SUNEOR, pour établir un consensus tout au long du processus de la sélection.

Suneor est la première société agroalimentaire du Sénégal, principal partenaire des agriculteurs de la filière arachide du Sénégal et première société d’huiles de table du Sénégal.

En effet, la Société internationale de commerce et de finance islamique (ITFC), une composante du Groupe Banque islamique de développement (BID), a signé en février dernier, un accord syndiqué de financement islamique (Mourabaha) de l’ordre de 75 millions de dollars américains avec le gouvernement du Sénégal.

L’accord signé à Djeddah par Amadou Bâ, ministre sénégalais de l’Économie, des Finances et de la Planification avec le gouverneur de la BID pour le Sénégal ainsi que Mahanna Sobieh de l’ITFC, permet à l’Etat du Sénégal de solder les encours de dettes la précédente campagne de commercialisation de la filière arachidière.

Le gouvernement était, il est vrai, depuis quelque temps, l’objet d’un concert de récriminations des producteurs qui s’inquiètaient de plus en plus de la mévente de leurs récoltes d’arachide. Avec ce financement, le Sénégal a eu recours à une porte de secours qui lui a déjà réussi dans le passé. Car la Société internationale de commerce et de finance islamique avait déjà octroyé 30 millions de dollars US pour aider à sauver la campagne arachidière 2013/2014.

Selon nos sources, le nouveau financement de 75 millions dollars US obtenu en février 2016 à Djeddah, permettra, une nouvelle fois à la Suneor, d’acheter et de traiter plus de 150 000 tonnes en huile d’arachide et en tourteaux d’aliments destinés à l’exportation vers les marchés internationaux. Après une bonne saison des pluies, la production totale du pays, pour la saison 2015-2016, avait franchi le seuil du million de tonnes d’arachide.

Concernant le nouveau financement de la Banque Mondiale, et selon Aifa Fatimata Ndoye Niane, Économiste agricole principale et chargée du programme au sein de la Banque mondiale, «le financement additionnel aidera le gouvernement du Sénégal à concevoir une nouvelle stratégie de développement de la chaîne de valeur de l'arachide, ainsi que la préparation d'un programme à long terme visant à diversifier les activités économiques dans les zones de production de l'arachide ».

Louise Cord, directrice des opérations de la Banque Mondiale pour le Sénégal a indiqué à l’issue de la réunion d’approbation que « l'agriculture reste un secteur clé de l'économie du Sénégal, car elle représente les deux tiers des recettes d'exportation et constitue la base de la nourriture et des moyens de subsistance de près de 70 pour cent de la population rurale.

Elle a précisé, selon la note, que dans ce secteur, la chaîne de valeur de l'arachide joue un rôle clé dans l'économie du pays car le produit est cultivé par près de 480.000 ménages ruraux, soit 65 pour cent de la population agricole. Cependant, la productivité reste faible, parce que le secteur agricole contribue seulement pour environ 17% du PIB alors que plus de 40% de la population est employée dans le secteur, finira t-elle par dire, selon Dakaractu qui rapporte l’information.

Comme il se voit, l’agriculture reste pour la sous-region, l’un des meilleurs vecteurs de la creation de richesse et d’emplois. Il est plus qu’urgent pour la Guinée de s’inspirer de modèles de développement économiquement plus viables comme celui de notre voisin du Sénégal, qui fait a peu près le même choix de politique agricole comme la Côte d’Ivoire pour sortir du sous-développement et de la pauvreté dans les campagnes.

Vivement pour une nouvelle stratégie de développement agricole en Guinée, avec une nouvelle politique de financement à rechercher auprès de nos partenaires au développement, pour sortir de l’agriculture de subsistance et de très faible productivité. Sans de grands moyens financiers bien gérés et un nouveau système agricole performant, il est impossible de faire une agriculture suffisamment productive et qui soit tournée vers les marchés internationaux.

Notre pays peut reconstruire valablement, son système agricole en se tournant vers la maitrise de l’eau, la production en quantité suffisante de fertilisants, la réorganisation des filières de production, et la recherche de mécanisme de financement adapté afin de retrouver la place de leader sur beaucoup de cultures de rente et qui fut la sienne dans l’ancienne économie agricole de la sous-région dans les années 50.

Une contribution spéciale de Condé Abou, depuis Washington, USA pour Guinéenews

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