Suivi de la campagne agricole auprès des membres du CNCR

Dans sa volonté de production de connaissances paysannes sur les exploitations familiales et leurs dynamiques de transformation, le CNCR a organisé avec ses membres des ateliers de concertation sectoriels sur le suivi de la campagne agricole actuelle au courant du mois d'octobre. Voici les faits saillants de ce qui est sorti de ces concertations sur la campagne agricole avec les horticulteurs, les pêcheurs et les éleveurs.

Les horticulteurs rapportent que la  pluviométrie satisfaisante surtout dans la région des Niayes et l'introduction par l'État de matériaux de production permettant l'amélioration des rendements présagent d’une bonne campagne horticole. Toutefois, la menace sur le foncier que représente l'implantation d'une centrale à charbon a été relevée par les producteurs. Les horticulteurs de la Vallée du fleuve du fait d'une faible pluviométrie constatée, jouent quant à eux sur la planification et l’échelonnement des cultures. Un financement concernant 3000 ha pour la filière tomate laissent présager une bonne campagne. Le maintien de la subvention de 50% sur les engrais est bien apprécié par ces derniers.

Les pêcheurs, quant à eux parlent globalement d'une diminution dans les dernières années des espèces pélagiques ainsi qu'un déficit d’infrastructure de stockage des produits frais. L'accélération de l'implantation d’usines de farine de poisson rend plus difficile l'accès à ces produits et l'alimentation en protéine d’une catégorie de la population est menacée. Les acteurs de la pêche artisanale estiment également que les métiers liés à la transformation sont menacés, la ressource étant de plus en plus rare. À titre d'exemple, les transformateurs sont en exercice de 3 à 4 mois par année alors qu'ils l'étaient jusqu'à 8 mois auparavant. Pour ce qui est de la campagne actuelle par contre, la pêche peut tout de même être bonne en terme de disponibilité de la ressource (fruit de mer et pélagique) à l'exception des zones de Thiès et de Mbour où la situation reste mitigée. Suite à l’observation d'une espèce d’algue qui n’avait pas été observée depuis longtemps, les pêcheurs s’attendent à un bon déroulement. Des inquiétudes sont toutefois formulées concernant la présence de bateaux de pirates. L’arrêt des accords de pêche avec la Mauritanie risque également de faire augmenter les efforts de pêche ce qui aura éventuellement des répercussions sur la ressource.

Contrairement aux autres acteurs, les organisations d'éleveurs présentes dans les zones sylvo-pastorale et de la vallée du fleuve prédisent une situation  difficile dans les mois à venir en raison de la faible pluviométrie enregistrée Une période anormalement longue de soudure est à prévoir cette année : l'absence de pâturage dû à l'inexistence du tapis herbacé créé un manque de nourriture pour le bétail et la productivité des cultures de décrues est affectée. Cela créé une augmentation du prix des produits agricoles sur les marchés, ce qui a pour effet de diminuer l'accessibilité alimentaire.

Plusieurs demandes ont été formulées à l’endroit de l’Etat et portent essentiellement sur le déploiement du dispositif de secours d'urgence, l'opération sauvegarde du bétail notamment, en s'assurant qu'il réponde réellement aux besoins des acteurs affectés. Un suivi étroit de l'évolution de la production et de la disponibilité alimentaire serait aussi à prévoir dans les prochains mois. L'appui aux communautés dans la mise en place d'infrastructures permettant la conservation des productions est aussi à envisager dès maintenant.

 

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